Odeur des chaussures : l'enlever et l'empêcher de revenir

Odeur des chaussures : l'enlever et l'empêcher de revenir

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Sport & Style

Sueur, bactéries, humidité : enlever l'odeur des chaussures selon la matière, ce que valent bicarbonate et congélateur, et les gestes qui l'éloignent.

Pour enlever l’odeur des chaussures, asséchez d’abord la paire : semelles retirées, languette ouverte, séchage à l’air loin du radiateur. Neutralisez ensuite l’intérieur au bicarbonate, lavez ce qui se lave selon la matière, puis privez les bactéries d’humidité avec des chaussettes respirantes et des paires qui alternent. Une semelle sèche ne sent presque plus.

D’où vient l’odeur qui s’installe dans une paire

La sueur fraîche sent très peu. La mauvaise odeur apparaît plus tard, quand les bactéries qui vivent normalement sur la peau transforment ce que la transpiration abandonne dans la semelle.

Des chercheurs japonais ont nommé le principal coupable dans le Canadian Journal of Microbiology, en 2006 : l’acide isovalérique, produit lorsque Staphylococcus epidermidis, un hôte ordinaire de la peau, dégrade la leucine de la sueur.

La plante du pied concentre le phénomène. Selon une étude parue en 2015 dans FEMS Microbiology Ecology, les staphylocoques y forment presque toute la population bactérienne, et l’acide isovalérique, présent sous la plante, n’a pas été détecté sur le dessus du pied. La semelle intérieure, collée à cette zone, sent donc la première.

La chaussure fait le reste, avec trois alliés des bactéries :

  • l’humidité d’une paire qui n’a pas le temps de sécher entre deux ports ;
  • la chaleur d’une chaussure fermée, gardée du matin au soir ;
  • les matières qui respirent mal : tiges enduites, doublures plastifiées, mousses qui boivent la sueur.

Privées d’humidité, les bactéries ralentissent : chaque geste qui suit part de là.

Le soir même, avant tout produit

Des chaussures qui sentent se rattrapent d’autant mieux que vous intervenez tôt. Dès le retour à la maison :

  1. Sortez les semelles amovibles et posez-les à plat.
  2. Desserrez les lacets et rabattez la languette pour que l’air atteigne la pointe.
  3. Garnissez l’intérieur de papier absorbant blanc, remplacé dès qu’il devient humide.
  4. Laissez la paire dans une pièce aérée, à température ambiante, au moins jusqu’au lendemain.

Le radiateur, le sèche-cheveux et le soleil de midi coûtent cher : une chaleur vive dessèche et fend le cuir, ramollit certaines colles, déforme une tige synthétique. Un séchage lent, à l’air libre, épargne la matière tout en retirant aux bactéries ce qui les fait prospérer.

Une paire trempée par la pluie demande plus de patience : attendez qu’elle soit sèche à cœur avant de la ranger. Les chaussures portées debout toute la journée méritent ce rituel chaque soir, car elles se chargent d’humidité d’heure en heure.

Baskets en toile et bottines en cuir qui sèchent languette ouverte sur une grille en bois

Enlever l’odeur des chaussures avec les remèdes maison

La cuisine regorge d’astuces pour enlever l’odeur. Certaines reposent sur une vraie logique chimique, d’autres sur un malentendu.

Le bicarbonate de soude

Le bicarbonate de sodium est une base douce, et l’acide isovalérique est, comme son nom l’indique, un acide. Au contact de la poudre, une partie se change en sel, bien moins volatil : le bicarbonate sert donc à neutraliser l’odeur plutôt qu’à la couvrir. Versez une cuillerée dans chaque chaussure sèche, laissez agir une nuit, videz, puis brossez les coutures.

Sur une doublure en cuir ou une paire sombre, enfermez la poudre dans une chaussette propre nouée pour éviter les traces blanches. Sa limite : il traite l’odeur présente, pas sa cause, et une semelle encore humide la reproduira dès le lendemain.

Le vinaigre blanc

Son acidité freine les bactéries à la surface des textiles. Coupé d’eau, passé au chiffon sur la semelle en tissu ou la doublure d’une basket en toile, il assainit sans tremper, et son odeur s’efface en séchant. Évitez-le à l’intérieur du daim et du nubuck, dont le velours supporte mal l’eau. Sur le cuir lisse, limitez-le à des touches légères suivies d’une crème.

Le congélateur

Une nuit au froid tuerait les bactéries ? La Food Standards Agency, l’agence britannique de sécurité des aliments, dit l’inverse à propos de la nourriture : le froid d’un congélateur domestique, vers -18 °C, met les bactéries en pause sans les tuer, et elles peuvent se réveiller au dégel. La paire semble moins sentir à la sortie, puis la chaleur du pied relance tout, et la condensation qui perle sur une chaussure glacée ajoute de l’humidité.

Les huiles essentielles

Dans l’étude de 2006, trois composés odorants, le citral, le citronellal et le géraniol, freinaient la production d’acide isovalérique à faible concentration. C’était en laboratoire, sur des molécules isolées : quelques gouttes d’huile dans une chaussure parfument surtout la paire, et peuvent marquer une toile claire ou un cuir pâle.

Laver chaque paire selon sa matière

Quand l’odeur des chaussures a gagné la mousse et la doublure, seul un vrai lavage la déloge. Commencez par les semelles amovibles : lavez-les dans une eau tiède savonneuse, brossez la face côté pied, rincez et séchez-les à plat, à l’air. Une semelle tassée qui sent encore après ce bain a fait son temps ; la remplacer rend souvent sa fraîcheur à toute la chaussure.

Mains qui retirent la semelle intérieure amovible d’une basket en toile beige

La matière de la tige décide ensuite de la méthode :

  • la toile et le mesh acceptent l’eau savonneuse et la brosse, selon la marche à suivre pour nettoyer des baskets blanches, valable pour toutes les couleurs ;
  • le cuir lisse ne se trempe jamais : chiffon à peine humide sur la doublure, séchage lent, puis une crème, en suivant les étapes pour nourrir et protéger le cuir ;
  • le daim et le nubuck se soignent à sec, leur intérieur au bicarbonate en sachet ;
  • les synthétiques tolèrent l’éponge savonneuse, mais leurs collages redoutent le trempage et la chaleur.

Les habitudes qui empêchent l’odeur de revenir

La prévention commence par les pieds. Parmi les mesures d’hygiène qu’elle associe au pied d’athlète, la Société française de dermatologie cite, sur son site Dermato-Info, le séchage soigneux des pieds, entre les orteils compris, des chaussettes en fibres naturelles ou techniques respirantes, un linge changé chaque jour et le lavage régulier des chaussures. Ces gestes servent aussi à désodoriser une paire durablement, en retirant aux bactéries leur terrain humide.

L’alternance vient ensuite. Une chaussure portée deux jours de suite ne sèche jamais à cœur : faites tourner vos paires du quotidien et accordez à chacune une vraie journée de repos.

Les embauchoirs en cèdre complètent la routine. Le bois nu absorbe une partie de l’humidité laissée par le pied, tient la forme de la tige et diffuse une senteur boisée discrète. Choisissez-les non vernis et glissez-les après un premier temps d’aération.

Embauchoirs en bois de cèdre glissés dans des derbies en cuir noir sur une étagère

Rangez les paires sur une étagère ouverte plutôt que dans une housse plastique. Dans les piscines, douches et vestiaires, la même société savante conseille des tongs ou des sandales de bain, et compte les chaussures parmi les objets personnels à ne pas partager.

Sport, ballerines, bottes : les paires sensibles

Certaines chaussures cumulent les facteurs de risque :

  • les baskets de sport sortent du sac dès le retour, semelles retirées, car un sac fermé jusqu’au lendemain garde chaleur et humidité ;
  • les ballerines et mocassins portés pieds nus reçoivent la sueur directement, et des socquettes invisibles ou une semelle fine lavable la prennent à leur place ;
  • les bottines fourrées gardent la vapeur dans leur doublure : ouvrez la fermeture en grand le soir ;
  • les bottes de pluie se lavent à l’intérieur et sèchent tête en bas.

Une odeur tenace qui résiste aux lavages, au bicarbonate et à une semelle neuve signale une première de propreté imprégnée en profondeur. Un cordonnier peut parfois la remplacer ; sinon, la paire a fait son temps.

Quand l’odeur vient des pieds plutôt que des chaussures

Une odeur qui persiste sur des paires propres, sèches et alternées invite à regarder les pieds. La Société française de dermatologie décrit le pied d’athlète, une mycose qui touche surtout l’adulte, principalement entre le quatrième et le cinquième orteil : le pli y devient fissuré, blanchâtre, sec ou suintant, avec des démangeaisons variables. Elle distingue l’intertrigo bactérien, qui dégage une odeur caractéristique, et rappelle que la contamination passe aussi par les chaussures et le sol des lieux collectifs humides.

Des chaussures malodorantes peuvent donc entretenir un problème de peau autant qu’elles le signalent. Consultez un médecin ou un pharmacien si :

  • la peau entre les orteils se fissure, blanchit ou démange ;
  • une rougeur persiste ou la peau pèle ;
  • un ongle s’épaissit ;
  • la transpiration vous gêne au quotidien malgré ces gestes.

Pour les personnes diabétiques ou immunodéprimées, la Société française de dermatologie juge nécessaire une surveillance régulière de la peau. Une routine de soin des pieds suivie avec régularité entretient la peau, sans remplacer un avis médical.

Questions fréquentes

Combien de temps laisser le bicarbonate dans des chaussures ?

Une nuit convient à la plupart des paires : la poudre a le temps d’agir sur un intérieur sec, et vous retrouvez vos chaussures prêtes le matin. Videz-les ensuite au-dessus d’une poubelle, puis brossez les coutures. Sur une paire très imprégnée, renouvelez l’opération plusieurs soirs de suite plutôt que de laisser la poudre des jours entiers. Si l’odeur revient vite, la cause tient à l’humidité ou à la semelle, que le bicarbonate ne règle pas.

Pourquoi mes chaussures sentent-elles encore après un lavage ?

Trois causes reviennent souvent. La paire a été rangée avant d’être sèche à cœur, et l’humidité restée dans la mousse relance les bactéries. La semelle amovible, oubliée, a gardé l’odeur pendant que la tige était lavée. Ou la première de propreté, collée au fond, est imprégnée en profondeur. Séchez plus longtemps, lavez ou changez la semelle, et alternez avec une autre paire pour qu’elle ne reparte jamais humide.

Les chaussures en matière synthétique sentent-elles plus vite ?

Souvent, parce qu’une tige enduite ou une doublure plastifiée laisse moins s’échapper la vapeur de transpiration et que l’intérieur reste humide plus longtemps. Le cuir et la toile respirent davantage, sans être à l’abri pour autant. Sur une paire synthétique, misez sur des chaussettes respirantes, des semelles amovibles lavables et un vrai temps de séchage entre deux ports. Un mesh bien aéré, lui, sèche en général assez vite.

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